Lot 547:
MARIE LAURENCIN (1883-1956) Trois Lettres Autographes Signées, en français, à Jean Denoël. 1952.
1) Paris, 23 avril 1952, d'après les estampilles de la Poste. 3 pp. in-16, enveloppe d’origine conservée. “La petite Jacqueline a encore parlé hier du logement 3 rue Crillon. Il paraît que la propriétaire a tellement envie d'un célibataire qu'elle vous le ferait à votre prix. Elle ne veut pas d'un ménage d'enfants futurs ni présents. Écrivez-lui que vous ne voulez pas des meubles, déjà, on verra ce qu'elle répondra. Dominique F. est venue hier un petit moment. Dimanche dernier, expositions, même pas de cinéma. J'ai bien envie d'acheter le livre de Misia. Elle m'a habillée tant de fois pour aller au bal. À Florence [Jay-Gould] et à vous...”. Misia Godebska, Edwards puis Sert, fut une figure de la vie culturelle française pendant plus de quarante ans, et venait de publier Misia. 2) Paris, 23 juillet 1952, d'après les estampilles de la Poste. 3pp. in-16, enveloppe d’origine conservée. “Hélas, le juge n'a pas rendu sa décision. Tout est reculé, les adversaires ont d'abord trouvé que je n'étais pas française, ensuite, histoire de passeport auquel il manque quatre feuillets, défaut de fabrication, m'a-t-on dit, rue des Saussaies, et en tout cas passeport pas signé, ce qui prouve que je ne m'en suis jamais servie. Autre obstacle, le juge président, monsieur Legendre, doit faire faire une enquête par huissier pour savoir depuis quand j'habite 7 rue Masseran. La partie adverse veut prouver que je n'ai pas besoin de mon appartement. Maintenant ce sont les vacances, ils ont gagné trois mois.... Je partirai pour St-Benoît-sur-Loire le 31 juillet ou le 1er août. Nous prendrons train et autocar. On nous attend là-bas et puis ces sacrées expositions, celle de Pétridès. J'ai prêté des tableaux. Il faut que je m'en occupe... Vue madame Ragetly, elle a enfin l'appartement rue Vanneau”. En 1944, Marie Laurencin avait vu son appartement de la rue Savorgnan de Brazza réquisitionné par l'État ; puis l'avait loué, et ne le récupérerait qu'en 1955 après un long procès de quatre années. Entre temps, elle fut accueillie dans un pavillon de la rue Masseran par le comte Étienne de Beaumont, qui avait joué un rôle de mécène auprès des avant-gardes artistiques et littéraires des années folles. Elle loua pour elle, à partir de 1944, un atelier rue Vaneau. Marie Laurencin allait faire une retraite à l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, où avait vécu son ami Max Jacob. Pétridès - son exposition Œuvres récentes tenue en 1952 chez Paul Pétridès, rue La Boétie. 3) Abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, 2 août 1952. 3 pp. 1/2 in-16, enveloppe d’origine conservée. “Que vous dire de Saint-Benoît. Je suis aux anges et je dors (avec un tout petit médicament). Nous avons comme un petit appartement avec Suzanne, et surtout, Jean, j'ai une chambre remplie de livre, un professeur suédois parti en vacances dans son pays et qui fait des traductions, tout Gide, tout Mauriac, Marcel Proust, Bernanos, etc. etc. et, tenez-vous bien, Genet, aphrodisiaque qui m'endort. Ah ! ma belle âme ! Et St-Benoît ! Max est partout, rue Max-Jacob. Quel charmant pays pas snob... Je suis contente que l'article vous ait plu. En effet, c'est bien moi la jeune fille que Guillaume Apollinaire a rencontrée. Ce côté qui l'a bien énervé, ainsi que Picasso et les autres. Il n'y a que Max qui m'aimait comme j'étais. Votre Marie vous embrasse. Suzanne partage mon bien-être physique et moral et physique. Tendresse à Florence.” Marie Laurencin faisait une retraite à l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire où avait vécu son ami Max Jacob, Suzanne Moreau était une jeune fille qu'elle éleva et qu'elle adopta en 1954, Frère de l'éditeur français Robert Denoël, et partageant sa vie entre ses fonctions chez Gallimard et auprès de Florence Jay-Gould, Jean Denoël (1902-1976) entretint des relations amicales avec de nombreux écrivains et artistes dont Antonin Artaud, Henri Bosco, Paul Claudel, Jean Cocteau (dont il fut l'exécuteur testamentaire), Jean Dubuffet, André Gide, Max Jacob, ou Marie Laurencin.
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