ALEXANDRE BENOIS (1870-1960) Décors du ballet « Le Pavillon d'Armide », chorégraphié par Michel Fokine
Lot 11
12 00015 000
signé au crayon « Alexandre Benois » (en bas à gauche) ; dédicacé et daté « À ma chère fille Hélène… 1944 » (en bas à droite)
aquarelle, gouache, encre sur papier
32,5 x 47,5 cm
réalisé probablement vers 1907-1909
Provenance :
Elena Benois (Hélène Clément-Benois) (1898-1972), puis transmis par héritage à sa famille ;
Collection privée
Créé en 1907 au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, Le Pavillon d'Armide est un ballet en un acte et trois scènes sur une musique de Nicolas Tcherepnine et un livret d'Alexandre Benois, inspiré de la nouvelle Omphale de Théophile Gautier (1834). Les décors et les costumes sont d'Alexandre Benois et la chorégraphie de Michel Fokine, avec Anna Pavlova dans le rôle d'Armide, Vaslav Nijinsky dans celui de l'Esclave et Pavel Gerdt dans celui du vicomte René de Beaugency.
En 1909, le ballet fut transféré au Théâtre du Châtelet à Paris, où il devint la première production mise en scène par les Ballets russes de Serge Diaghilev.
Armide était interprétée par Vera Karalli, avec Mikhaïl Mordkine dans le rôle du vicomte et Nijinski reprenant son rôle de l'Esclave.
Ce fut le premier ballet présenté à Paris par Diaghilev. Son succès fut en partie dû à son thème français. La saison 1909 comprenait également des œuvres inspirées du folklore russe qui furent tout aussi bien accueillies.
Le ballet se déroule sous le règne de Louis XIV, alors que le jeune vicomte René de Beaugency cherche refuge contre une tempête dans le château du magicien, le marquis de Fierbois. Passant la nuit dans le pavillon d'Armide, il rêve qu'une tapisserie des Gobelins prend vie, donnant vie à l'enchanteresse Armide et à sa cour. Il tombe amoureux d'elle et reçoit son foulard en gage de son amour. À son réveil, il constate que l'écharpe est en sa possession et que la tapisserie a changé, ce qui suggère que son rêve était réel.
Les décors de Benois reflètent son engagement envers l'art français du XVIIIe siècle, en particulier la tradition décorative rococo de Jean Bérain et Louis-René Boquet. La scène est conçue comme un environnement décoratif unifié, et le motif de la tapisserie animée vient accentuer l'interaction entre illusion et réalité.
La date de 1944 correspond à la date de dédicace à Hélène Clément, la plus jeune fille d'Alexandre Benois. L'aquarelle elle-même a très probablement été réalisée entre 1907 et 1909.
Ce lot est soumis au droit de suite de l'artiste conformément à l'Ordonnance Souveraine n° 10.300 du 22 décembre 2023.