EUGÈNE DE BEAUHARNAIS (1781-1824) Manuscrit signé par l’intendant général et procureur d’Eugène de Beauharnais le comte Antonio Rè, [Juin 1817].
Lot 52
Sold
Intitulé, sur le premier plat: “STATO GENERALE dei beni che possiede S.A.R. Il Principe Eugenio a titolo enfiteotico nelle Marche pontificie, in forza di istromento 8 maggio 1816” (ÉTAT GÉNÉRAL dec beins que possede le Prince Eugène à titre emphytéotique dans les Marches pontificales, par effet de l’acte du 8 mai 1816”).
Grand infolio, 109 f. imprimés avec ajouts manuscrits, chiffrés 1 à 103, 6 non chiffrés, le f. 21 blanc. Reliure de l’époque maroquin vert à grain long, dos lisse fileté et fleuronné, encadrement doré sur les plats comprenant des filets et une roulette à rinceaux végétaux avec vases et cygnes encadrant les plats, coupes guillochées aux angles, pièce de titre rouge sur le premier plat.
Les biens fonciers listés ici sont désignés par leur dénomination propre où par le toponyme où ils sont situés, avec précision des noms et prénoms de leurs tenanciers. Ils sont classés par anciens propriétaires (les institutions religieuses dépossédées de ces biens en 1810), elles-mêmes classées par circonscriptions des cinq districts formant les Marches pontificales, soit, Ancône, Jesi et Lorette, Senigallia, Pesaro, et Chiaravalle.
Cette liste fut dressée en deux exemplaires, le premier pour les services pontificaux (aujourd’hui conservé aux archives du Vatican), l’autre à l’usage du prince Eugène.
Le manuscrit pontifical, daté explicitement du 22 juin 1817, est signé conjointement par le trésorier général de la Chambre apostolique (le futur cardinal Cesare Guerrieri Gonzaga), par le comptable général de la Chambre apostolique (Saverio Benucci), et par le comte Antonio Rè, qui, sous l’Empire, avait été l’intendant de l’apanage du prince Eugène. Il était le neveu par alliance de l’ancien chancelier et garde des Sceaux du royaume d’Italie, Francesco Melzi d’Eril.
Le présent manuscrit pour le prince Eugène est signé par le comte Antonio Rè. Quelques mentions y ont en outre été portées légèrement postérieurement dans la colonne destinée aux observations. Elles indiquent d’une part les propriétés dont les revenus sont attribués au fils du prince Eugène, Maximilien (futur prince russe par son mariage avec une fille du tsar Nicolas Ier), et d’autre part celles qui ont été vendues, avec précision du nom de l’acheteur, par exemple l’évêque de Recanati, le marquis Solari, ou le comte Ferretti.
En 1805, Napoléon Ier transforma en royaume d’Italie la République italienne issue des guerres révolutionnaires, en saisit la Couronne, mais en confia la vice-royauté à son fils adoptif le prince Eugène de Beauharnais, né du premier mariage de l’impératrice Joséphine. Le 15 mars 1810, il édicta les neuvièmes statuts constitutionnels du royaume d’Italie, par lesquels un “apanage” était attribué au prince Eugène. Ce domaine privé, fixé à une valeur de dix millions de lires italiennes, était essentiellement fondé sur des biens ecclésiastiques nationalisés, notamment dans les Marches
pontificales, territoires occupés depuis 1807 et annexés au
royaume d’Italie le 2 avril 1808 – les congrégations religieuses y furent supprimées en avril 1810.
Grâce au soutien de son beau-père le roi de Bavière, mais surtout grâce à l’amitié du tsar Alexandre Ier pour la famille de Beauharnais, le prince Eugène ne fut pas entièrement dépouillé à la chute de l’Empire, même s’il n’obtint jamais une principauté en Italie comme il l’eût souhaité, en raison de l’opposition de Metternich, le 31 mai 1814, le traité de Fontainebleau lui garantit d’obtenir “un établissement convenable hors de France” (article VIII).
Eugène Rose de Beauharnais (1781-1824), membre de la famille impériale française. Né du premier mariage de Marie-Joseph-Rose de Tascher de la Pagerie (dite Joséphine de Beauharnais, première épouse de l’empereur Napoléon Iᵉʳ de 1796 à 1809) il est adopté officiellement par Napoléon en 1806.
Il suit une brillante carrière militaire avant d’être nommé vice-roi d’Italie. Il est l’un des plus fidèles et des plus talentueux subordonnés de Napoléon qui le fait général en chef. Il commande le IVe corps d’armée lors de la campagne de Russie. Sa fidélité à l’Empereur lui vaut le respect de tous. Après Waterloo il se réfugie à Munich où son beau-père le nomme duc de Leuchtenberg, et il se consacre à ses propriétés.